La vie et l’oeuvre
de
Lucien Fontanarosa

“Un regard sur le bonheur, la joie, la vie dans ses formes les plus vibrantes”
Fontanarosa, peintre français d’origine italienne... Cette dualité immédiate, suggestive, marque sa vie et son œuvre. La résonance même de son nom, des séjours fréquents en Vénétie, au cours de ses premières années, le sentiment d’être italien, le “ climat...
“Je crois que toute création…
...comporte, au début, une aventure, une angoisse, et un cheminement pour arriver à cerner l’émotion de l’artiste.  Cette dernière se traduit, sur la toile, par des tons dominants, d’autres plus atténués. La rigueur doit suivre le sentiment et l’ordre succéder à...
“Il est accordé à certains êtres – ils sont très rares – de naître nantis de tout ce qu’on peut rêver…
...de posséder quand on vient au monde, j’entends, des dons exceptionnels, la beauté physique et celle de l’âme, autrement dit, tout ce qu’il importe d’obtenir du destin."Ce fut le cas de Lucien Fontanarosa grand artiste et homme d’une telle qualité que j’ai considéré...
“Il incarnait le bonheur. Le bonheur ne devrait pas mourir.”
Pierre Mac Orlan, qui me recevait les dimanches dans son appartement sombre de la rue Constance à Montmartre, me disait que Lucien Fontanarosa, en illustrant le Quai des brumes et la Bandera, lui apportait du soleil de Venise et de Sienne. “ C’est un exégète,...
1912

Naissance de Lucien Joseph Fontanarosa, le 19 décembre à Paris. Son père, François Fontanarosa, et sa mère, Stéphanie Lucchin, Italiens, viennent s’installer à Paris au début de 1912, où son père exerce le métier de tailleur.

Son enfance est partagée entre Paris et Padoue, et, plus loin, nous verrons quelle influence ses séjours en Vénétie auront sur son œuvre. Il fréquente, tour à tour, l’école communale à Paris et à San Remo où ses parents se fixent en 1921; puis en 1923, c’est le retour définitif de la famille Fontanarosa à Paris.

Tout jeune, attiré par le dessin, on peut le voir, âgé de douze ou treize ans, passer ses dimanches à crayonner dans les rues de Paris, sur les quais, en banlieue, si bien que, plus tard, il aura l’impression d’avoir toujours dessiné. Il suit les cours du soir de dessin à l’école de son quartier, et, le jeudi, conseillé par Gérard Cochet, il dessine l’antique à l’Académie Julian.

Dans la « toilette » de coton noir qui enveloppe les costumes qu’il a pour mission de remettre aux clients paternels, il glisse un carnet de croquis; pour Lucien Fontanarosa ce furent là des années merveilleuses : « Elles ont beaucoup contribué à ce que se fortifiât chez moi ce goût que je ressentais, très jeune, et presque instinctivement, pour les arts. »

1927

Ses parents ne s’opposent pas à son désir de dessiner et de peindre, mais lui conseillent d’apprendre un métier. Il entre à l’Ecole Estienne à Paris, à l’atelier de dessin lithographique. Un prix obtenu à cette école lui permet de faire un voyage en Tunisie en 1931. La discipline dans le travail et les conseils reçus durant ces quatre années passées à l’Ecole Estienne lui seront d’un grand secours dans l’avenir.

1931

Sorti d’Estienne, ses parents ne font pas obstacle à son désir de se consacrer à la peinture et lui accordent un an d’essai, à la condition d’entrer à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts. Il travaille de plus en plus, suit les cours du soir de l’Ecole des Arts Appliqués, travaille au Musée du Louvre, au Jardin des Plantes et dans la rue; il installe son premier atelier dans une boutique désaffectée et y travaille seul. Les toiles cubistes le mettent sur la voie. Pour comprendre les grands classiques Le Concert Champêtre du Titien, au Louvre, sera le point de départ de toute une série d’études qu’il fera au Musée même.

Il expose ses œuvres à la Galerie l’Archipel en compagnie de Mané Katz, Oguiss, etc… Il réalise pour le compte de cette Galerie une série de quatre lithographies sur l’île Saint-Louis.

1932

Il entre comme élève libre dans l’atelier de Lucien Simon à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, atelier où l’on travaille en toute liberté; le climat lui convient, et il fait, en même temps, connaissance de jeunes élèves qui deviendront pour la plupart, d’excellents peintres (Hambourg, Rohner…). Il partage dès lors son temps entre les cours de l’Ecole des Beaux-Arts et son atelier. C’est dans l’atelier de Lucien Simon qu’il fera la connaissance, en 1933, d’Annette Faive, qui deviendra sa femme.

1933

Son atelier se trouve, maintenant, au n° 6 de la rue Asseline dans le 14ème arrondissement. Pour la première fois il expose, à la Société Nationale des Beaux-Arts, un Nu dans l’atelier. Quoique la fréquentation des cours de l’atelier Simon soit toujours assidue, il travaille en grande partie seul. En août, il fait un bref voyage en Italie.

1934

Il expose au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts Les Musiciens. Il obtient une bourse de voyage de l’Etat et part pour l’Espagne en novembre; il y découvre les relations existant entre les peintres espagnols et les Vénitiens qu’il ne cesse d’aimer particulièrement et d’étudier. Il est très sensible à la tragédie vécue par le peuple espagnol et réalise durant son séjour des œuvres d’une grande gravité.

1935-36

Premier achat de l’Etat. La Ville de Paris lui décerne le Grand Prix d’Afrique du Nord (bourse de 18.000 francs), ce qui lui permet de travailler un an au Maroc : d’octobre 1935 à mars 1936 il séjourne ainsi six mois à Fez, voyage au Tafilalet, puis revient à Paris pour passer le concours de Rome.

En juillet 1936, il obtient le Premier Grand Prix ex-æquo avec son ami Jean Pinet, disparu prématurément. D’août à octobre 1936, accompagné d’Annette Faive, il retourne au Maroc, fait escale à Casablanca, puis s’installe à Rabat d’où il fait de fréquents voyages dans le sud. Ses toiles de l’époque accordent une grande place à la lumière de ce pays qui le fascine, et aux scènes de la vie quotidienne. Il fait une exposition particulière à Rabat et il vend une toile au musée de cette ville. L’Etat lui achète une toile pour les musées nationaux.

1937

En janvier, il part pour la Villa Médicis où il séjournera jusqu’en mars 1939. Il occupera l’atelier d’Ingres. Il travaille beaucoup dans les musées italiens et voyage en Vénétie, en Toscane, etc…

Il fait la connaissance d’André Greck, sculpteur, qui, à cette occasion, réalise son buste, en bronze. C’est également à Rome qu’il fait la connaissance d’André Gide, pour qui il fera plus tard des illustrations. Il sera appelé à la mort de Gide pour faire une série de dessins et d’huiles de celui-ci sur son lit de mort.

1938

Lucien Fontanarosa expose ses oeuvres exécutées en Italie au Musée de l’Orangerie. Il obtient le Prix Cottet.

1939

L’Etat lui commande la décoration d’une des quatre entrées du Pavillon de l’Eau à Liège (Belgique). Il exécute ce travail en compagnie d’une autre artiste peintre, Annette Faive, avec qui il vient de se marier à Rome lors d’un séjour de mai à juin. A son retour de Rome, il s’installe dans un nouvel atelier près des Buttes Chaumont, au 97 de la rue Compans dans le 19ème arrondissement.

A la guerre, il est mobilisé dans l’infanterie, ce qui ne l’empêche pas de participer à des expositions de groupe à l’étranger. Le Musée de Sofia lui achète une toile. Les croquis, dessins et études qu’il réalise durant sa mobilisation seront plus tard acquis par le Musée de la Guerre aux Invalides.

A l’occasion de l’exposition des travaux exécutés à Rome, qui a lieu à l’Orangerie, il fait la connaissance d’Edouard Vuillard dont il recevra maints conseils. Il obtient le Prix Gillot-Dar. Dès qu’il le peut, il fait des paysages de Paris aux alentours du Canal Saint-Martin, à Saint-Denis,…

1940

En janvier 1940, Edouard Vuillard dit de son oeuvre : « (…) On peut se laisser aller franchement à la joie de la louange devant les peintures de Fontanarosa. Combien on doit savoir gré, en ce moment, à un jeune artiste, d’avoir tenté de faire un vrai tableau, d’exécuter une vraie composition, qui soit autre chose qu’une simple étude, et dans laquelle ses qualités pour imaginer, pour ordonner, pour harmoniser formes et couleurs se manifestent avec générosité. »

L’Etat lui achète pour le Musée de Chartres un Paysage de Venise.

A sa démobilisation, entraîné par un vertige de couleurs qu’il lui semblait ne pouvoir maîtriser, il s’impose, afin d’organiser sa palette, de commencer par la réduire jusqu’à faire table rase : il détruit une bonne part de son atelier ainsi que des dessins..

1941

L’Etat lui commande une fresque pour la salle du conseil des professeurs du Lycée de Saint-Maur et lui achète la composition intitulée Le Brabant, qui orne la Caisse Nationale du Crédit Agricole. Il est nommé membre du comité directeur de la Société Nationale des Beaux-Arts.

1942

Décoration de l’amphithéâtre Richelieu à la Faculté des Lettres de Poitiers sur le thème du siège de la Rochelle (décoration disparue ou détruite après les travaux de réfection de cette Faculté). L’Etat lui achète Les Buttes-Chaumont (53x73cm) pour le Musée National d’Art Moderne.

Naissance à Paris de Patrice Fontanarosa.

1943

Lucien Fontanarosa fait la connaissance de Monsieur Jean Aubecq, qui en qualité de collectionneur, lui achète plusieurs toiles et se lie d’amitié avec lui. Vente à l’Etat des Chevaux pour la Mairie de Château-Gontier. L’artiste s’installe à Bry sur Marne avec son ami François Fauck, artiste-peintre qu’il a connu à l’atelier de Lucien Simon aux Beaux-Arts pour y travailler pendant les mois d’été.

De retour de captivité, son ami Jacques Ratier crée la Galerie Chardin au 36 rue de Seine à Paris, et dès lors, ils ne cesseront de travailler ensemble. La Ville de Paris lui achète un grand Paysage de Neuilly sur Marne.

1944

Il réalise une décoration pour la Salle des fêtes de la Mairie de Saint-Germain en Laye (pour des raisons financières, cette décoration ne sera jamais installée et est conservée par le Fonds National d’Art Contemporain). Après la Libération, il participe à l’exposition d’Art français au Luxembourg.

Naissance à Paris de Frédérique Fontanarosa.

1945

Les Editions Gasnier lui commandent les illustrations de l’Empreinte du Dieu de Maxence Van der Meersch qu’il exécuta en lithographies, en noir. Il devient membre du jury à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Au cours de l’été, il voyage et peint en Bretagne.

1946

Il est, tour à tour, nommé membre du jury au concours de Rome (peinture) et professeur à l’Académie américaine de Fontainebleau. M. et Mme Aubecq mettent à sa disposition un atelier dans leur propriété d’Acheux en Amiénois, l’artiste viendra régulièrement y travailler en compagnie d’autres peintres (Roger Chapelain-Midy, Robert Humblot, Claude Schurr…).

La Ville de Paris offre à la Ville de Stockholm son tableau Place de la Concorde.

Naissance à Paris de Renaud Fontanarosa.

1947

Lucien Fontanarosa décide de ne plus exposer dans les grands Salons pendant quelques temps. Il fait sa première exposition particulière à la Galerie Chardin. L’Etat lui achète le Pichet d’étain et une Nature Morte pour le Ministère des Finances. Désormais il passera tous ses étés à Fontainebleau, partageant son travail entre sa peinture et ses cours à l’Académie américaine. Il illustre les Hauts de Hurlevent de cinquante aquarelles gravées sur bois par Armanelli pour les Editions Les Heures Claires.

1948

Achat de l’Etat du tableau Fleurs pour la Chancellerie de la Légion d’Honneur. Il illustre Pages d’amour de la Rose des Sables de Henry de Montherlant, en lithographies en couleurs pour les Editions Laffont.

1949

Deuxième exposition particulière à Paris à la Galerie Chardin. Il illustre L’Immoraliste dans la série des Récits, Romans, Soties d’André Gide en compagnie de Derain, Dufy, Van Dongen, Christian Bérard, Clavé, etc… pour la N.R.F. Il participe à l’exposition de la Peinture contemporaine au Pavillon de Marsan avec une toile intitulée La Répétition. Il modifiera partiellement cette toile en 1953.

Il fait une série de lithographies destinées à l’illustration des œuvres de Ronsard pour les Editions La Bonne Compagnie.

1950

Après une exposition particulière à Lyon, il voyage en Toscane. Il illustre pour la N.R.F. Terre des Hommes de Saint-Exupéry.

1951

Décoration de la Chapelle de l’Hôpital Saint-Camille à Bry sur Marne. Il obtient un prix à la Biennale de Menton.

1952

Décoration pour le compte de l’Etat du réfectoire du Lycée de Nogent le Rotrou. Une de ses toiles figure dans une exposition d’art français en Pologne. Membre du jury au concours de Rome (peinture). Il illustre pour la N.R.F. L’amant de Lady Chatterley de H.D. Lawrence.

Cette même maison d’édition lui demande d’illustrer les Poésies, Journal, Souvenirs d’André Gide en compagnie de Brayer, Brianchon, Chapelain-Midy, Clavé, Dunoyer de Segonzac…

1953

Lucien Fontanarosa est invité au Salon des Peintres Témoins de leur Temps, où il expose La Chasse. La Ville de Paris lui achète les Tulipes Jaunes pour son Musée d’Art Moderne.

1954

Sur le thème de la Musique, il présente un ensemble de compositions lors de sa troisième exposition particulière à la Galerie Chardin à Paris. Pour la N.R.F., il illustre Bataille dans la Montagne de Jean Giono.

1955

Lucien Fontanarosa est élu membre de l’Institut à l’Académie des Beaux-Arts. Ne souhaitant pas porter la traditionnelle épée, c’est une guitare qui selon ses vœux lui sera offerte.

L’Etat lui commande la décoration du Collège technique de Malakoff.

Invité au Salon des Peintres Témoins de leur Temps, il expose la toile intitulée Le Bonheur. Il illustre pour la N.R.F. les Poésies Complètes de Francis Carco avec Vlaminck, Dignimont, Brayer,…

1956

Il entreprend un voyage à Londres à l’occasion de son exposition à la Galerie Marlborough. Il illustre le Moulin de la Sourdine de Marcel Aymé pour la N.R.F. Il envoie, au Salon des Peintres Témoins de leur Temps, le portrait du comédien Albert Rémy dans une composition intitulée L’Artiste dans sa loge que l’Etat lui achète pour le Musée d’Albi.

Il est invité au Premier Festival de peinture de Vichy, et fait un bref voyage en Hollande.

1957

En plusieurs années la Galerie Chardin s’est assurée le concours de peintres tels que Paul Charlot, Claude Schurr, Marzelle, du sculpteur Volti, du céramiste Henry Plisson; non seulement Lucien Fontanarosa a approuvé ce choix, mais il contribue, avec ses camarades, à créer une atmosphère unique d’estime et d’amitié. L’artiste exécute pour les Peintres Témoins de leur Temps une grande composition : Le Boxeur, et figure au Salon des Tuileries. Il illustre Germinal de Zola pour la N.R.F.

Au mois de décembre il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur au titre de l’Education Nationale.

1958

Au Salon « Comparaisons », il envoie une toile intitulée L’Enfant aux instruments de musique, puis au Salon des Peintres Témoins de leur Temps Le Dimanche au bord de la Marne.

Au mois de juin il présente à la Galerie Chardin sa quatrième exposition particulière. Il est nommé professeur chargé de cours de dessin et de l’enseignement plastique à l’Ecole Polytechnique.

Il fait l’acquisition d’une propriété dans le Var, à La Cadière d’Azur, région qu’il avait découverte dans les années 30-40. Il y installe un atelier où il travaillera désormais régulièrement. Ce climat méditerranéen lui inspirera de nombreuses compositions et natures mortes.

1959

Il figure au Salon des Peintres Témoins de leur Temps avec Le Chantier, œuvre qui retient longuement l’attention de la Critique et du public. La Ville de Paris lui achète Dimanche au bord de la Marne .

1960

Une toile intitulée Danseuse est achetée par le Musée de Bougie (Béjaia – Algérie). Cette année-là, il envoie aux Peintres Témoins de leur Temps Le Trio où figurent ses trois enfants, tous trois musiciens (1, 2, 3).

1961

Il exécute successivement la décoration pour l’appartement « Roussillon » du paquebot France et une décoration pour l’Ecole Estienne à Paris. Il illustre Poussière de Rosamund Lehmann et Colas Breugnon de Romain Rolland. A la fin du mois de mai, le Conseil Municipal de la Ville de Paris lui remet le Grand Prix de Peinture de la Ville de Paris. Il expose au Japon (Tokyo, Osaka, Nagoya, Shizuoka) avec le concours de la Galerie Drouant.

1962

Fidèle exposant du Salon des Peintres Témoins de leur Temps, Lucien Fontanarosa envoie à ce Salon Le Pont de l’autoroute de Marseille. En mai, il présente sa cinquième exposition particulière à la Galerie Chardin. Pour la première fois depuis vingt cinq ans, Venise figure dans cet ensemble. Cette manifestation connaît un succès considérable, tant auprès du public français qu’étranger. Il illustre Rebecca de Daphné du Maurier, Noé de Jean Giono puis Tartarin de Tarascon de Daudet. Il décore la bibliothèque de la Faculté des Sciences d’Orsay.

1963

Au mois de janvier, la Galerie Chardin organise, avec la Palm Beach Galleries, une importante exposition de Lucien Fontanarosa en Floride. Là encore le succès remporté se situe bien au-delà de tout pronostic. Au mois de mai, pour son vingtième anniversaire, la Galerie Chardin propose au public l’exposition « Joie de vivre », où il est représenté par dix œuvres remarquables. Il figure également dans une exposition organisée au Musée de Munich avec sept tableaux. Cette exposition s’intitule « Peinture contemporaine française ». La presse allemande lui consacre des articles enthousiastes. Nous le retrouvons aussi à la Galerie Roger Dulac à Paris avec L’Art et la médecine. Il illustre pour la N.R.F. Les Raisins de la colère de John Steinbeck, et La Guerre des boutons de Louis Pergaud. Il reçoit la Médaille de vermeil de la Ville de Paris.

1964

Il installe son atelier au 32, cité des Fleurs dans le 17ème arrondissement de Paris, lieu de sérénité où les amateurs de ses œuvres lui rendront fréquemment visite.

Il exécute la décoration d’un plafond pour le Lycée de l’Ouest à Nice, devenu le Lycée Honoré d’Estienne d’Orves, sur le thème « La fête marine ». Il décore ensuite le Collège technique de Châtellerault, puis, pour les P.T.T., il achève une importante décoration pour le Salon de la Philatélie (installée ensuite à la Poste Centrale de Mâcon). Il participe à une exposition de groupe à Nice au Palais de la Méditerranée avec Carzou, Bret, Goerg, Limouse, Cavaillès, Brayer. Une dizaine de pastels sont exposés à la Galerie Chardin dans un ensemble intitulé « L’eau et le feu » avec les autres artistes de la Galerie. Cette année-là, il illustre Tortilla Flat de John Steinbeck.

1965

Lucien Fontanarosa décore de quatre panneaux (les quatre saisons) le groupe scolaire de la rue Ampère à Paris dans le 17ème arrondissement. Il illustre Pour qui sonne le Glas d’Ernest Hemingway. Il prépare de remarquables illustrations pour Sous la Lumière Froide de Pierre Mac Orlan.

1966

Une importante Galerie japonaise présente les œuvres de Lucien Fontanarosa à Osaka. AuxPeintres Témoins de leur Temps, Le Cabanon sera l’une des toiles les plus remarquées et entrera quelques mois plus tard dans une collection américaine.

1967

De Dostoïevski, Lucien Fontanarosa illustre Crime et Châtiment, puis ce sera La Chanson de Ronsard que l’on verra aux Peintres Témoins de leur Temps. Depuis une dizaine d’années, la Galerie Léandro de Genève présente en permanence les œuvres de Lucien Fontanarosa. Il en est de même pour la Galerie Verrière 13, Quai Romain-Rolland, à Lyon, depuis 1963.

1968

Au début de l’année, Lucien Fontanarosa expose aux Peintres Témoins de leur Temps Les Guerilleros. En février les Grands Magasins du Printemps à Paris consacrent tout le troisième étage à une très importante exposition d’art contemporain qui recevra 150 000 visiteurs. Lucien Fontanarosa figure dans cette manifestation où deux de ses toiles seront vendues. Il illustre La Maison Tellier et commence dès le printemps à travailler pour son exposition de 1969.

1969

Cette exposition prévue pour le mois de juin accapare la majeure partie de son temps. Cette manifestation est très attendue du public, la précédente exposition remontant à 1962. En février, il est à nouveau invité par les Grands Magasins du Printemps. Il illustre un Till l’Espiègle pour l’Union Latine d’Editions.

Les Editions Pierre Cailler de Lausanne éditent un premier ouvrage sur son œuvre.

1970

Lucien Fontanarosa expose aux Peintres Témoins de leur Temps Le Rêve où il représente son épouse, Annette Faive, entourée d’instruments de musique, symbole de cette exceptionnelle famille d’artistes. Avec le groupe de la Galerie Chardin, il participe à l’exposition « Les fruits de l’été ».

1971

En cette nouvelle année, il est à l’honneur aux Peintres Témoins de leur Temps. Il réalise l’affiche de cette exposition La Salute à Venise ainsi que Le Gondolier pour la couverture du catalogue. La Ville d’Amboise lui décerne le Prix Léonard de Vinci.

1972

Il expose avec le sculpteur Volti à la Galerie Verrière à Lyon. Aux Peintres Témoins de leur Temps, il présente une œuvre subtile, tendre et généreuse, Le Portrait d’Annette , son épouse. Il illustre les Poèmes Epiques pour l’Union Latine d’Editions ainsi que les Contes et romans de Voltaire et Louange du tabac de Louis Pauwels.

1973

Aux Peintres Témoins de leur Temps, avec Le Luthier, Lucien Fontanarosa témoigne de la noblesse, du prestige et des qualités de cette profession pour laquelle il a une profonde estime. Ce Salon lui décerne le Grand Prix 1973. En mai, pour le trentième anniversaire de la Galerie Chardin, il participe, avec les autres artistes de la Galerie, à l’exposition « Climats et lumières ».

Il illustre L’Avare de Molière pour les Bibliophiles du Palais.

Le Palais de la Méditerranée à Nice présente, de juin à septembre, cent-cinquante œuvres de Lucien Fontanarosa, de 1934 à 1973, ce qui constitue sa première rétrospective. Le succès de cette exposition est à la mesure de sa qualité. Le catalogue est préfacé par Claude Roger-Marx.

1974

Lucien Fontanarosa envoie aux Peintres Témoins de leur Temps Les Amoureux dans la ville, hommage à la jeunesse, à l’amour et à la vie.

1975

Cette année, son envoi aux Peintres Témoins de leur Temps a pour sujet Dominique aux Melons d’eau, remarquable par sa lumière, sa poésie intimiste. Il travaille à la préparation de son exposition personnelle qui doit avoir lieu à Paris au printemps 1976. Mais à la fin du mois de mars son état de santé nécessite une hospitalisation et une intervention chirurgicale. Il décède, quelques jours plus tard, le dimanche 27 avril. Il repose au Cimetière du Père Lachaise à Paris.

1985

Annette Faive-Fontanarosa, épouse de Lucien Fontanarosa, fonde avec Stéphane Löber, l’Association Lucien Fontanarosa désormais chargée du rayonnement de l’œuvre de Lucien Fontanarosa et de la préparation d’un catalogue raisonné.